12 octobre 2021 • Reportage-photo pour Reporterre
La station expérimentale Vavilov de Lyon étudie des semences anciennes ramenées de nombreux pays. Le but : trouver les graines capables de nourrir les générations futures en s’adaptant au changement climatique. Les plus prometteuses seront distribuées gratuitement aux paysans intéressés.
La table est dressée à la ferme Melchior, une ancienne maison des champs lyonnaise, ces domaines qui expérimentaient dès la Renaissance plantes, légumes et fruits exotiques. Quelques siècles plus tard, elle est au cœur d’une vaste enquête sur les graines. Son objectif : rien de moins qu’assurer la subsistance future de l’humanité.
« Nous vivons une époque où la population augmente, mais pas la taille de la Terre. Au même moment, nous sommes confrontés à des changements climatiques rapides, explique Dr. Aleksey Zavarzin, expert en génétique botanique. Nous devons donc développer des plantes issues des anciennes semences pour obtenir de nouvelles variétés adaptées à ces changements. »
Pour les débusquer, l’équipe du CRBA a monté des expéditions botaniques dans les zones aux climats les plus rudes. Cette quête de semences les a menés des potagers des frères chartreux dans les Alpes jusqu’au Caucase, à la station Vavilov qui borde la mer Caspienne. Là, les températures vont de −20 °C jusqu’à 53 °C au fil de l’année.
Puis viendra une étape de sélection en collaboration avec des agriculteurs qui affineront le cahier des charges. « Les éleveurs voulaient une variété qu’ils pourraient introduire dans l’alimentation du bétail. Il a fallu prendre toutes nos variétés, les leur décrire, suivre les rendements, la stabilité, la pureté… » détaille Domitille Mukankubana.
L’exécutif écologiste prévoit de monter une première ferme semencière d’ici 2022-2023 à proximité de la station Vavilov. « Elle va commencer à alimenter un incubateur de paysans qu’on monte à Vaulx-en-Velin, et sur lequel j’aimerais qu’on cultive ces semences, » explique Jérémy Camus, vice-président EELV chargé de l’agriculture.