Saigon la nuit

2019 • Photo-Documentaire • Projet en cours

Toutes les photos ont été réalisées à main levée au 35mm.

Saigon la nuit

Projet en cours

18 heure, l’heure de pointe. Saïgon étouffe. Des bancs compacts de scooters congestionnent les artères de la ville. L’air a goût de carbone.

C’est la fin du marché pour les commerçants de Cho Ba Chieu. D’ici une heure ou deux, les étals seront remballés. Ici et là, des mangues sur un étal, des crapauds dans une cage, des poissons-chats qui barbotent dans un casier-aquarium. Un boucher découpe des morceaux de viande sur son étal de rue. Ici et là, les Saïgonais motorisés s’arrêtent sans couper leur moteur, font des emplettes rapides pour la tambouille du soir, et repartent dans un ronronnement de moteur.

C’est la deuxième fois que je me hasarde sur le marché de Cho Ba Chieu. Seul occidental à me promener dans le quartier populaire de Binh Thanh, j’attire quelques regards curieux. Je commence à connaître le quartier, j’habite à peine à un kilomètre plus profondément au cœur du district. Une distance conséquente à pied dans une ville où le deux-roues est roi. Je fais quelques achats, une poignée de fruits, un paquet de cigarettes, pour me fondre dans le paysage, sac en plastique sous le bras, appareil photo dans la main.

Ma première visite du marché m’avais laissé un souvenir intense. Le bruit constant des marchandages où chacun s’époumone pour dépasser le son tonitruant de la circulation, les petites loupiotes au-dessus de chaque éventaire, établissant des îlots de lumières sur les marchandises. Autant de mini-scènes qui ouvrent chacune une fenêtre sur le quotidien d'Ho Chi Minh City, et que j’ai tenté de capturer. Soir après soir, je suis retourné explorer les boulevards et les ruelles de Saigon à la recherche de ces échos de l’ordinaire vietnamien.

Toutes les photos ont été réalisées à main levée au 35mm.